miércoles, 7 de mayo de 2008
Mai 68 - Mai 2008 : la révolte 40 après!
Comme le chantaient (ou plutôt braillaient...) ces sales gamins à l'époque, en effet, "rien n'a changé" ! A l'occasion du 40ème anniversaire de Mai 68, force est de constater que les temps ne changent pas tant que ça. Mais l'étudiant lanceur de pavés (ou presque) rôde toujours, tapi sagement dans l'ombre et prêt à se révolter à nouveau quand il estime que quelque chose va à l'encontre de ses intérêts.
C'était le cas le 24 du mois passé, lorsqu'environ 500 personnes (selon mes estimations) se sont réunies pour manifester dans les rues de Grenade contre le plan de Bologne, voté en 1999 et qui doit entrer en vigueur définitivement en 2010. Rassurez-vous, les pavés des trottoirs de Grenade sont intacts, c'était plutôt bon-enfant. :-P En voici un extrait, filmé par moi en Live!
Puisqu'en bon universitaire que je suis, je suis directement impliqué par ce processus (c'est une des raisons pour laquelle je me trouve ici justement, vu que le système de crédits ECTS est sensé, entre autre, "favoriser la mobilité" kidisent), j'ai décidé d'en savoir plus, notamment sur les revendications des manifestants. Après avoir pu parlé avec un Français représentant d'un syndicat d'étudiants et lu quelques tracts, voici les principaux arguments qui ressortent.
Selon les étudiants pas contents, le processus de Bologne :
- "clientélise" les étudiants et crée des professeurs "producteurs de cours sensibilisés aux intérêts économiques" (OCDE);
- adapte l'Université aux impératifs du monde de l'entreprise et implique une sélection sociale ainsi qu'une élitisation parmi les étudiants;
- amène à une augmentation des frais d'inscription (cas de l'Allemagne)
- précarise encore davantage les étudiants des milieux défavorisés pour ensuite en faire une main d'oeuvre flexible
Dans ce cas, les manifestants estiment que les études constituent un droit fondamental et doit être pensé comme un service public de qualité et non comme un marché. Ils dénoncent la faute de compromis social de la part de l'Etat. L'Université ne doit pas "être soumise aux exigences économiques" ni faire place aux capitaux privés selon eux.
Voilà pour les revendications. Et voici aussi, peints sur les murs dans tous les coins de la ville, quelques slogans qui reviennent fréquemment :
Bon, voilà pour les faits, passons maintenant à ce que vous attendez tous, mon opinion sur la question! ;-)
Honnêtement, même si je peux les comprendre, ces arguments n'ont pas réussi à me convaincre en fin de compte (du moins pour l'instant et pour ce que je sais de l'histoire). Personnellement (et je l'ai dit au type avec qui j'ai parlé lors de la manif), pour moi ça représente quand même plus d'avantages à l'heure actuelle que d'inconvénients. Même si tout n'est pas toujours évident à gérer du point de vue administratif, c'est quand même grâce à l'accord que l'Uni de Lausanne a avec l'Uni de Grenade que j'ai pu effectué cet échange sans trop de difficultés...
Concernant l'implication des entreprises dans l'Université, j'ai lu dans un journal que certains recteurs espagnols démentaient et que la décision revenait en fin de compte au rectorat ou aux différents gouvernements (ou quelque chose comme ça). Pour ma part, je verrais pas forcément ça d'un mauvais oeil, étant donné que je me trouve dans un domaine (sciences du sport) où les débouchés en entreprises ne sont pas évidents... Et vu que pas tout le monde se destine à l'enseignement, pourquoi ne pas avoir des accords pour des stages de temps en temps. Mais comme l'a dit un jour un de nos responsables de l'Institut : "l'Uni ne sert pas à professionaliser". En ce sens, il a peut-être raison.
Bref, voilà pour mon opinion, plus ou moins à chaud quand même. Et la vôtre, chers étudiants actuels également impliqués ou récents gradués? Et j'attends avec impatience également la réaction de JC alias Papa, fervent défenseur de la thèse néo-libéraliste! Si c'est pas de l'incitation au débat ça... :-)))




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