miércoles, 25 de junio de 2008
¡Podeeemooos!
Enfiiiin!!!!!!! Ca y est, ils l'ont fait! La dernière fois que l'Espagne s'était qualifiée pour une demi-finale d'une grande compétition footballistique, je n'étais pas encore né. C'est dire la patience dont a dû faire preuve la nation toute entière avant de pouvoir enfin fêter une nouvelle qualification dans le dernier carré de l'Euro.
J'ai acquis ce sentiment avec le temps : pour moi l'Espagne, un pays qui possède un des meilleurs championnats de football au monde, n'était qu'une bande de looseurs au moment où il fallait vraiment répondre présent. Ils avaient beau se présenter chaque fois avec quelques-uns des meilleurs joueurs de ce sport au niveau international, chaque fois la même rengaine : à la maison une fois arrivé en quarts de finale! Aucun mental, aucun répondant quand il s'agit de répondre présent pour de vrai dans les moments clés. J'ai fini par devenir fataliste, ironique même à propos d'une situation qui semblait vouloir se répéter systématiquement au fil du temps. Les médias espagnols s'en sont progressivement remis au "fatalismo" également, en essayant vainement de trouver des explications tangibles aux multiples défaites de "La Selección" dans les moments importants. Selon moi, une manière dissimulée de se trouver des excuses en fin de compte, sans oser avouer que leur équipe est plus faible, un point c'est tout! --> A ce propos, au premier semestre j'ai dû étudier des textes d'histoire du sport, dont un qui parle du sujet (pour ceux que ça intéresse, voici le lien). En deux mots, l'article analyse l'évolution du discours médiatique au fil des différents résultats et les clichés utilisés afin de faire des liens entre le football, la culture et le tempérament espagnol (voir, la "furia" p.ex.).
En arrivant ici et en voyant l'Euro approcher, je m'attendais à rencontrer un sentiment d'optimisme généralisé, surtout parmi les personnes que j'ai côtoyées à la fac de sport. Eh bien tout le contraire figurez-vous! :-O Quasi toutes les personnes avec qui j'ai parlé des chances de l'Espagne à l'Euro m'ont avoué qu'elles pensaient que leur propre sélection allait de nouveau se ramasser en quarts de finale. Même après les bonnes performances au premier tour : "ça y est, on est dehors!", "ils passeront jamais contre l'Italie", "tu verras, c'est la fin, cette équipe vaut rien"... Fatalisme vous avez dit? :-P
En fin de compte, je crois que c'est moi qui était le plus optimiste d'entre tous : j'ai pronostiqué (pour le fun, pas pour de l'argent) l'Allemagne en finale contre l'Espagne. Bon ok, j'avais aussi pronostiqué que la Suisse allait passer le premier tour, mais faut pas demander la lune non plus! ;-) Bref, je voulais faire partie de ceux qui y croyaient toujours, qui pensaient que le mauvais sort pouvait enfin se briser...
Et vint la fameuse "noche mágica"... Je suis allé voir le match en compagnie de gens de la fac, tous Espagnols, à la résidence universitaire. Il fallait voir leurs têtes quand s'approchaient les prolongations, puis les penaltys! Sentiment de peur généralisé.
Et puis finalement, le dénouement..........
(Sous titre, pour non-hispanophone ;-) : "22/06/2008, 23h25 environ...dans une résidence universitaire à Grenade...témoins d'un moment historique du sport espagnol...personne n'osait l'imaginer, mais...la malédiction de quart de finale s'est enfin brisée!" Puis à la fin : "Et maintenant, il faut battre les Russes!")
Quelle ambiance, madre mía! :-) 24 ans après, l'Espagne entière, Granada comprise bien sûr, a légitimement célébré la qualification pour les demi-finales quasiment comme s'ils avaient remporté la compétition! Les rues respiraient la joie ce soir-là...et le soulagement! ;-) Je peux le comprendre et j'étais vraiment content pour tous ces gens que je croisais sourire au lèvres.
Depuis le début de l'Euro, le slogan de "Cuatro", la chaîne qui possède les droits de retransmission, c'est "¡Podeeeemoooos!" - "nous le pouvons!". La chaîne rivale (La Sexta), s'est même gentiment moqué avec sa version "Para pasar de cuartos, ¡oremos!" - "Pour passer les quarts de finale, prions!". "Podemos", ça a été (et c'est toujours actuellement, plus que jamais) un matraquage incessant, comme une manière de croire qu'un changement est enfin possible.
[Tiens, c'est marrant, ça m'a fait pensé à quelqu'un d'autres qui a des ambitions similaires... Comme quoi ça doit être un slogan à la mode! ;-)]
Je le pense toujours, l'Espagne peut parvenir en finale cette année. L'emporter? Pour revenir à mes pronostics, j'ai parié sur le sang froid allemand. :-/ Si la "Roja" veut me démontrer le contraire, elle a carte blanche! ;-) Et le hasard voudra que je serai toujours sur place pour fêter leur premier titre depuis plus de 40 ans (le dernier en date...et l'unique était l'Euro en 1964).

jueves, 12 de junio de 2008
Les aliments se sont perdus en route
Alors que j'imagine que la fièvre de l'Euro est toujours palpable en Suisse (quoique la température a dû baisser un petit peu depuis hier... :-/ ), saviez-vous qu'ici c'est la crise? Bon ok, c'est peut-être un peu exagéré mais toujours est-il que la grève des transporteurs a bien perturbé la chaîne de production de l'alimentaire (entre-autre, sans oublier les difficultés d'approvisionnement des stations service).
Les grévistes réclament des allègements fiscaux sur les taxes de l'essence. A ce que j'ai compris en lisant un peu les journaux, ce sont des revendications impossibles vu qu'il s'agit d'une législation à l'échelle de la Communauté Européenne.
Résultat des courses : des axes autoroutiers bloqués par les piquets de grêve, des retards dans les livraisons (conséquence directe : gaspillage des stocks --> mon voisin/propriétaire m'a expliqué que les producteurs de lait devaient déverser des milliers de litres dans les champs à cause de l'accumulation des réserves) et des manifestations parfois violentes (hier soir des grévistes ont mis le feu à un camion dans lequel se trouvait le conducteur en train de dormir!).
Conséquence : le gouvernement de ZP (Zapatero) a pris des mesures pour disperser les "metteurs de désordre d'ordre public" histoire que la crise ne prenne pas plus d'ampleur. "La grève est un droit constitutionnel, mais pas quand cela nuit à d'autres citoyens", a dit le Ministre de l'Intérieur espagnol. En effet, les conséquences sont déjà visibles pour les consommateurs. Voyez ci-dessous à quoi ressemblent quelques-unes de étagères du supermarché d'à côté de chez moi. J'ai posé la question à un employé du magasin qui m'a répondu : "Normalement ce sont 3 semi-remorques qui nous livrent. Aujourd'hui seuls 3 fourgonnettes sont venues..."
L'autre jour quand ma mère me disait qu'elle avait vu ça aux nouvelles et m'avertissait que c'était sérieux au téléphone, j'avais de la peine à la croire. En voyant l'état du supermarché ce matin, c'est vrai que c'est tout de même frappant, qu'on n'a pas l'habitude de ça en tant qu'occidental gâté (ben oui, pour vous c'est "normal" qu'un magasion dispose de tout l'assortiment, non?). Même si c'est vrai qu'avec du recul les proportions ne sont pas dramatiques et que je suis bien conscient que ce n'est absolument rien comparé aux millions de gens qui meurent de la famine ou de la malnutrition dans le monde (voir aussi Objectifs du Millénaire pour le Développement/ONU et Le droit à l'alimentation). D'ailleurs, j'ai aussi lu quelques articles concernant la hausse générale du prix de l'alimentation dans le monde entier et c'est vrai que ça fait froid dans le dos...
Bref, il semble qu'aujourd'hui la situation soit débloquée et que cela va prochainement rentrer dans l'ordre. Mais c'est aussi une manière comme une autre de garder à l'esprit le fait qu'on vit dans une société de luxe et qu'il faut savoir relativiser certains problèmes...
domingo, 8 de junio de 2008
¡¡¡VAMOS!!!
6-1 6-3 6-0. En espagnol, on appelle ça "una paliza". Dans la langue de Molière, on pourrait traduire cette expression par "une claque", "une fessée", "une décullotée", voire même "une br**lée" si vous me pardonnez cette vulgarité. :-O
Mais ce que je viens de voir à l'instant n'a tout simplement pas de traduction. La façon dont Roger Federer vient de se faire battre, que dis-je, proprement humilier (ou "laminer" pour reprendre le mot du site officiel de RG) par le meilleur joueur de terre battue du monde est simplement hallucinante!!! Avant ce match, je ne me faisais guère d'illusions au vu de ce que Rafael Nadal avait démontré jusque-là tout au long du tournoi (qui plus est à Roland-Garros et qui encore plus est avec Federer à côté de ses pompes). Mais je ne m'attendais pas à ce qu'il fasse passer le numéro 1 mondial du tennis depuis plus de 4 ans pour un tel faire-valoir, un pur et simple figurant! :-(
Durant ce match, je suis passé d'un état de perplexité à un de frustration à un de résignation et d'admiration tout simplement. La façon dont Nadal arrive à renvoyer TOUTES LES BALLES, sans quasiment jamais faire de fautes directes est juste incroyable. Je ne sais pas par quels états d'âme est passé notre "Rodgeur" national pour sa part, mais à sa place j'aurais pêté un plomb en un rien de temps. Je crois que les 100 pages de notes de psychologie du sport que je suis sensées lire pour un prochain examen ne suffisent pas à expliquer l'ascendant mental que señor "Vamos" a sur son adversaire helvétique. J'ose pas imaginer ce dont Federer va rêver...euh...cauchemarder cette nuit! Et les nuits suivantes...
Bref, voilà, je m'incline, Rafa Nadal est le plus fort, quasiment invincible sur cette surface à mon avis, et m'a sincèrement impressionné (ben oui, au-delà de mon sentiment patriotique, je me rends juste à l'évidence...).
La mauvaise nouvelle, c'est que ça fait pas un bilan très positif pour le sport suisse ce week-end... :-S
La bonne? Maintenant que tous ces événements sportifs sont passés, je peux enfin me concentrer à 100% sur mon exa de mardi! :-P

PS: Lire aussi à ce sujet le très bon article de Christian Dépont, autre fan déboussolé :-S

sábado, 7 de junio de 2008
La Suisse: si loin, si proche...
C'est le mois de juin. Déjà 3 semaines que je n'ai plus eu l'occasion d'écrire une note...et pour cause: la période d'examens a finalement pointé le bout de son nez et à l'heure où je rédige j'en ai déjà eu 2. Bonnes nouvelles dans les deux cas, puisque je sais déjà que j'ai "aprobado" (réussi) le cours d'Histoire contemporánea del mundo actual avec un 7.5/10. L'autre était un examen partiel: plus de 1000 diapositives retraçant les moments forts de l'Histoire du sport à réviser, pour un examen oral qui dure 5 minutes (5 dias, 1 mn/dia) au final. Résultat positif également, 2.75 sur 3.5. Ce résultat ajouté à un autre que j'avais eu au premier semestre (3 sur 3.5) me met dans de bonnes conditions pour réussir le "gros" cours de l'année, Histoire du sport, coté à 9 crédits sur le marché ECTS. L'examen final a lieu mardi, un écrit de 40 questions à choix multiple. Je suis optimiste. Reste plus qu'à terminer les 200 dernières pages du bouquin du prof en 3 jours...
Après cet examen, le gros du travail sera fait. Je pourrai m'accorder une petite "pause" dans les révisions (même si le rythme a pas été transcendant jusqu'à maintenant...) puisque les deux derniers ont lieu les 24 et 25 juin (Psychologie de la Motricité Humaine et Marketing du sport). Durant cette période, j'ai l'intention d'aller à l'Expo Universelle qui ouvre ses portes à Saragosse tout bientôt. Le thème, c'est l'eau. Ironie du sort, il y a quelques jours il y a eu des crues impressionnantes de l'Ebre qui ont mis en péril l'organisation! :-P Ca devrait être rétabli d'ici une semaine. En parlant de météo, les 30° sont bel et bien de retour en Andalousie après plusieurs jours maussades! :-)
C'est maintenant une évidence, mon année Erasmus touche gentiment à sa fin. Ce n'est pas encore l'heure de tirer des bilans, mais force est de constater que l'ambiance n'est plus la même ces derniers jours. Mike, mon coloc américain, est parti en voyage faire le tour de l'Europe en train. Plusieurs personnes de mon entourage grenadin sont déjà reparties, en Suisse ou dans le reste du monde. L'ambiance est calme et les études m'occupent. J'échange à peine quelques mots avec mon coloc allemand, un peu plus avec mes voisins du dessous, Juani et Manuel.
"Tu rentres quand?" est la question qui revient évidemment le plus souvent. Je ne peux toujours pas répondre précisément à cette question puisque je n'ai toujours pas mon billet de retour... Pourquoi? Va savoir... Je dois encore réglé quelques "détails administratifs" avec les propriétaires (si je peux encore rester les premiers jours de juillet) et planifier mes dernières excursions, à Séville et Cordoue notamment. Quelques jours à la plage aussi sûrement... :-) J'imagine que l'avion me déposera à Genève autour du 10 juillet. Je confirmerai ça en temps voulu.
Mike l'admettait pour sa part il y a quelques semaines, peu avant de partir en voyage: "c'est frustrant, tous les meilleurs moments se condensent à la fin, juste avant de s'en aller". Je peux aussi appliquer ce sentiment en ce qui me concerne. Avec le temps, l'impression d'appartenir à l'environnement qui nous entoure croît, le train-train s'installe peu à peu et on s'approprie plusieurs éléments autour de soi, dans la vie de tous les jours. On découvre les personnes avec qui on a plaisir à passer du temps et les endroits où on aime retourner. En voyant déferler les cars de touristes dans la ville, j'ai l'impression de me sentir différent, un autre type d'étranger. En voyant des touristes japonais mitrailler l'Alhambra de nuit l'autre soir avec leurs appareils photo, je ne sais pas pourquoi, j'ai eu un sentiment bizarre. Comme si ce merveilleux édifice, juché sur sa colline et que je ne vais bientôt plus pouvoir admirer de près, m'appartenait rien qu'un peu, qu'il n'est pas vide de sens m'ayant accompagné tout au long de mes 9 mois d'échange. Oui, même si je reste concentré sur mes objectifs universitaires, le temps est tout de même un peu à la nostalgie...
"Tu te réjouis de rentrer (quand même) ?" est l'autre question qui survient la plupart du temps. Honnêtement, je ne sais quoi répondre. Oui, évidemment que je me réjouis de rentrer, de retourver ma famille et mes amis, les petites choses qui me manquent ici (vélo, scooter, une connexion internet rapide, la Playstation, etc.)... De retrouver le campus lausannois, le bord du lac, les montagnes,... Evidemment qu'il y a une partie de moi qui se réjouit de rentrer.
Mais de l'autre côté, comme je l'ai déjà mentionné, il y a ce sentiment de n'avoir pu "profiter" (aussi un conseil que les gens aiment bien donner sans trop savoir ce que ça représente au fond : "Profite!") que dans les derniers moments de mon séjour et ma curiosité me pousserait à savoir ce qu'il y aurait à venir si je restais ici quelques temps supplémentaires. Attention, ça ne veut pas dire que j'ai envie de rester! Juste une petite frustration du fait que tout n'a pas toujours été comme je voulais... Mais ainsi va la vie, faite de haut et de bas. Je suis pas du genre à avoir des regrets, je regarde toujours vers l'avant, toujours optimiste dans la mesure du possible.
En attendant de penser au retour, il reste encore à profiter de quelques moments ici (et deux raisons de plus de penser à la Suisse) : à commencer par le match d'ouverture de l'Euro tout à l'heure! Sans oublier la énième rencontre entre Federer et Nadal, que je risque d'aller voir en compagnie d'Espagnols histoire de pimenter un peu l'affaire (une manière de m'auto-flageller si la logique voulant que Nadal l'emporte à chaque fois est respectée?)! Optimiste j'ai dit... :-)




