lunes, 18 de agosto de 2008
Ultime voyage Erasmus - part 2
Après l'intense escapade londonienne (voir note ci-dessous), les vacances ne faisaient que commencer!
Sans trop rentrer dans les détails, je dois dire que j'ai été gâté durant les quelques jours précédant mon retour en Suisse (début juillet). Tout d'abord j'ai été hébergé quelques jours chez la famille Tenllado à Malaga. Après avoir attendu toute l'année, je touchais enfin au but : être parfaitement intégré dans le "monde espagnol"! Je me suis vraiment senti quasiment comme un enfant supplémentaire. ;-) Quel accueil (et quels repas, mmmh! :-P)!
Vu que j'avais rendu mon appartement à Grenade fin-juin (avant mon séjour en Angleterre), je devais trouver une solution pour m'héberger jusqu'au 10, date prévue de mon retour. Véritable aubaine : Mike (mon coloc) et sa famille venue tout droit de California visitait à ce moment précis l'Andalousie (y compris la petite soeur de Mike, Maddie, accro au Game-boy et à la glace ;-) ). Résultat, eux aussi m'ont "adopté" durant 4 jours, me permettant de rester avec eux et de faire des visites avec eux vu qu'ils avaient une place de libre dans leur voiture de location ainsi qu'un "spare bed" dans leur hôtel de Marbella. J'ai donc pu conclure mon séjour Erasmus en visitant des endroits tels que Cordoue, Gibraltar, Ronda (une deuxième fois) ou Arcos de la Frontera. Vraiment super sympa de leur part!
domingo, 17 de agosto de 2008
Ultimes voyages Erasmus...
Si on m'avait dit à l'avance que je terminerais mon année Erasmus de cette manière, j'aurais eu de la peine à le croire... ;-)
A peine mes exas finis, j'ai en effet décidé de partir un week-end à...London! Pourquoi si loin vous demandez-vous légitimement? Eh bien je suis obligé de raconter l'anecdote :
Au début du mois de juin, je lis par hasard la phrase suivante sous le pseudo d'un de mes potes espagnols de la fac : "John Mayer, 28 de junio, Hyde Park". Innocemment, je lui demande de quoi il s'agit : un bref dialogue plus tard et il m'apprend que non seulement le guitariste originaire du Connecticut va se produire en concert, mais qu'il est aussi accompagné de Sheryl Crow et d'Eric Clapton! Il me dit qu'il y va tout seul et insiste pour que je vienne avec lui. L'occasion est trop belle et le timing parfait (juste 2 jours après mon dernier examen) : je m'empresse d'acheter un billet de vol low-cost (Malaga - Gatwick) et un ticket de concert...ça y est, en route pour le United Kingdom à fin juin! :-)
Floren (mon pote de la fac de sport) arrive le jour du concert, finalement accompagné par son père. Je décide de me rendre dans la capitale anglaise un jour plus tôt, histoire de profiter un peu plus de mon temps là-bas.
Niveau logement, j'ai réussi à manager mon premier CouchSurfing! Assez rocambolesque : une copine d'une copine de l'Américaine que j'avais hebergé à Grenade (voir note ci-dessous) peut m'accueillir chez elle et ses colocs! Canapé à moindre frais dans la Zone 2 de Londres (accessible en métro) dans une petite zone résidentielle charmante. Dana (mon hôte) travaille ce jour-là et c'est sa coloc Kate qui m'accueille. Une brève discussion plus tard, je décide de me rendre dans la foulée et sans perdre de temps à...Wimbledon!
1h30 de transport public plus tard, j'arrive devant l'enceinte du plus prestigieux tournoi de tennis au monde, royaume du Roi Roger depuis 5 ans. Le sportif que je suis ne peut s'empêcher d'être admiratif, même vu de l'extérieur. Mais il allait bien falloir trouver le moyen de rentrer, surtout que le match de Federer (le 1/8 de finale je crois) commençait dans une heure à peine.
Quelques minutes plus tard, je tombe de haut : un vigile, accent et attitude british exagérés au possible, m'enlève toutes mes illusions. "Vous pouvez faire la queue pour les billets mais vous ne rentrerez dans tous les cas pas dans les "Grounds" avant 17h." C'est à dire près de 5 heures d'attente... Il doit bien avoir un écran géant quelque part, me dis-je. "Il est aussi à l'intérieur de l'enceinte", me renseigne le même vigile. Dernière opportunité : le pub. Après 5 minutes dans le petit village de Wimbledon, j'arrive dans un établissement qui possède des écrans de TV. Je commande une bière et demande à un gentleman qui lui aussi buvait sa "pint" si je peux m'asseoir à la table avec lui. Il aquiesce. Alors que je commence à lui expliquer mes déboires du moment, d'où je viens, etc., la pluie se met à tomber. Le début du match sera retardé, je décide de commander à manger. S'ensuit une discussion avec le prénommé Hugo, qui m'explique qu'il fait partie d'un club de tennis voisin à celui du fameux "All England Club" et qu'il exerce la profession de journaliste critique d'hôtels de luxe! :-P La belle vie quoi. Sujets de discussion : le tennis, le sport, les voyages (paraît-il que les meilleurs safaris sont en Zambie)... Un bon moment en somme, et un peu de baume au coeur après mon essai infructueux d'avoir voulu rentré dans les Grounds à midi.
Hugo rentre à la maison alors que débutent les premiers échanges entre Federer et son adversaire du jour (vlà qu'j'ai oublié qui c'était maintenant...). A peine quelques minutes plus tard, c'est au tour de deux personnes de me demander à leur tour si elles peuvent s'asseoir à ma table. Je pensais au début qu'il s'agissait d'un couple, en fin de compte il s'avère que c'est une mère et son fils (:-S). Re-discussion. Hannah et Robin sont des gens charmants. Ils viennent prendre le thé et regarder les matchs de tennis alors que les deux filles de Robin assistent de leur côté à un match sur le Court 1 (le deuxième plus grand après le Court central). Ils m'offrent même très gentiment le "cup of tea" digestif ! :-) J'apprends que Hannah a des origines suisses (de Winterthur sauf erreur), ce qui explique son léger accent suisse-allemand en anglais. ;-)
Une fois le match de Federer terminé, on ne s'avoue pas vaincu. Avec mes deux nouveaux accolytes, nous décidons d'aller faire la file à partir de 17h pour tout de même rentrer dans l'arène avant la nuit tombée. Après 1h45 d'attente (quand même!), ça y est!...ou presque. J'ai eu la mauvaise idée de vouloir prendre en photo le dispositif de sécurité digne d'un aéroport auquel sont soumis tous les spectateurs. Très mauvaise idée : un policier s'en rend compte, me traîne violemment de côté et m'indique que selon la loi telle, je suis dès ce moment considéré comme un terroriste et que je peux être arrêté sur-le-champ!!! Mon coeur bondit et après 36'000 formes d'excuses plus tard et l'effacement de ladite photo, il me laisse enfin repartir. J'en suis quitte pour une grosse frayeur. Cette fois-ci ça y est vraiment, je suis rentré dans WIMBLEDON!
Hannah, Robin et moi décidons de nous rendre au Court 11. Là joue le futur champion olympique de double (mais chut, il ne le sait pas encore! :-P), Stanislas Wawrinka contre un illustre inconnu russe. Au début du 3ème set (et après avoir perdu les 2 premiers), ce dernier abandonne. J'ai pu assister à la victoire de notre Stan national depuis tout au bord du terrain! Puis une opportunité rare se présente : le vainqueur sort du terrain et pour se rendre aux vestiaires doit passer dans les allées en compagnie du public. Je n'hésite pas quand je le vois arriver vers moi : "Eh Stan, je viens de Lausanne aussi [ben oui, on sait jamais quoi dire dans ces circonstances] ! Je peux prendre une photo?" Et hop, clic-clac, la séquence fan/groupie est dans la boîte! ;-) Je vagabonde ensuite entre les différents courts puis la surprise du chef pour la fin : Hannah, Robin et les deux filles s'en vont, ils m'offrent un de leur billet pour le Court 1! :-) La journée se termine en apothéose puisque j'ai pu voir la fin du match Safin/Seppi qui s'est joué en 5 sets dans une ambiance délirante ! :-) Victoire Safin, dans l'obscurité, pour ceux que ça intéresse... ;-)
Le lendemain, enchaînement avec le concert! Je retrouve mes deux compères arrivés de Malaga le matin même. J'apprends qu'il s'agit de leur premier vrai voyage aux deux à l'étranger! C'était drôle et à la fois touchant de les voir s'émerveiller devant tous ces monuments et cette vie si différente de leur Andalousie natale. Et ça rappelle aussi que c'est un réel luxe de pouvoir se permettre de voyager autant et si facilement de nos jours! Pas le temps de déguster la typical London food, c'est à Burger King qu'on avale en vitesse un repas avant de se diriger vers Hyde Park. Pour le concert à proprement parlé, rien d'exceptionnel à redire. Si ce n'est que j'ai été surpris en bien de la présence de Jason Mraz en première partie! :-) Floren, en fan ultime de John Mayer qu'il est, pouvait enfin savourer la première fois qu'il voyait son idole en concert. Même si je ne connais que très peu Clapton, j'ai quand même apprécié sa prestation et ses incontournables tubes accrocheurs. Quant à Sheryl Crow, on a décidé d'aller se reposer un peu pendant son concert... :-P (elle jouait juste avant Clapton). Le trio Mayer -Crow-Clapton se retrouve même ensemble sur scène pour un final haut en couleur!
Le soir même, je rejoins Dana en ville pour rentrer chez elle. Mes accolytes de España, appelez-les imprudents, inexpérimentées ou même optimistes, n'avaient pas réservé d'hôteé pour la nuit. Nous les laissons en ville, pensant qu'ils trouveront bien une auberge de dernière minute.
Le lendemain, après avoir envoyé un message à Floren pour savoir comment ça s'était passé, il me renvoie un truc du genre : "Au final, on s'est fait agressé et on a failli nous prendre en otage. Tout est véridique. Là on est déjà en route pour l'aéroport. Je te raconterai." QUOI??!! :-O Pourvu que rien de grave ne soit arrivé. Après explication, il s'avère en fait qu'un des bus qu'ils ont pris les a amené dans une banlieue glauque et qu'il se sont fait interpellé par deux jeunes femmes en état d'ébriété. Celles-ci voulaient qu'ils témoignent parce que soi-disant elles avaient payé un billet pour Victoria Station et que comme elles ne s'y trouvaient pas, ont décidé de faire un scandale, en insultant le conducteur de bus. Plus de peur que de mal donc. Mais surtout à peine une heure de sommeil, dans St James' Park au lever du soleil. C'est en faisant ses propres expériences et ses erreurs qu'on apprend dit-on... :-P
De mon côté, j'ai profité de mes derniers moments dans la capitale anglaise pour faire un tour à pied, le long de la Tamise, par une belle journée ensoleillée. Dans le milieu de l'après-midi, après être revenu au centre-ville, je tombe sur la cérémonie de commémoration des 60 ans de la fondation de l'Etat d'Israël. D'un seul coup, je me retrouve en face-à-face violent avec l'Histoire. D'un côté de la route, sur la fameuse Trafalgar Square, des centaines (miliers?) de partisans d'Israël, drapeaux flottants, affichent orgueilleusement leur appartenance à l'Etat juif. De l'autre côté de la route, clôturé à l'intérieur de barrières et encerclés d'une meute de policiers, les Palestiniens manifestent bruyamment. Moi, au milieu de la route, témoin d'une scène qui me fait presque monter les larmes aux yeux. Quelques scènes de partisans d'Israël moqueurs, fier de pouvoir s'exprimer comme ils l'entendent même si cela sous-entend parfois des provocations gratuites et innécessaires. Comment peut-on fêter aussi bruyamment un Etat qui cause encore aujourd'hui autant de polémique? Dans cette histoire, je ne savais finalement pas trop quoi penser, n'étant en fait partisan ni d'un côté ni de l'autre. J'ai simplement eu une brusque envie de savoir, j'étais frustré de n'avoir pas assez d'éléments historiques ou socio-politiques en ma possession pour me faire ma propre opinion critique.
C'est là que j'ai aperçu une dame qui distribuait des feuillets d'informations. Je m'approche, demande à en avoir un, et entame la discussion. Sceptique d'abord je demande : "de quelle partie provient l'information qui est publiée dans ce journal?" "Que voulez-vous dire ?" me répond la petite dame. "L'information peut être manipulée suivant de quel côté on se place" je précise. "Il ne s'agit pas d'information biaisée mais de la vérité historique qui figure dans ce document.", me rétorque-t-elle avec assurance. J'ai brusquement envie d'en savoir plus, elle me raconte donc son histoire à elle : "Ce n'est qu'à mes 19 ans que j'ai appris que sur les terres où j'avais grandi, ont été assassinés des milliers de Palestiniens. Dès que je l'ai su, cela m'a terrifiée." Yael est juive, pro-palestinienne. Je ne m'en étais pas rendu compte tout de suite. Le journal qu'elle m'a remis s'intitule Nakba, qui signifie "catastrophe" en arabe et qui se réfère à la tragique naissance de l'Etat d'Israël en 1948. Je n'ai pas envie de m'étaler trop là-dessus, je vous recommande juste de lire à ce sujet. Pour ma part, cet événement a été pour moi plus qu'une anecdote : un véritable désir de comprendre les enjeux d'un conflit qui parait sans issue et les arguments que chacun légitime à sa façon... Et globalement, un sentiment d'inconfort au vu de certains moments que j'ai vécu sur le vif.
Fin de journée, direction l'aéroport. Au même moment, la finale de l'Euro débutait. Je retrouve mes deux amis espagnols installés devant un ordinateur juste avant l'embarquement. Fernando Torres leur a quelque peu fait oublier leur mésaventure de la nuit passée en marquant le premier but pour l'Espagne. C'est finalement le commandant de bord qui nous annoncera la victoire de la "roja" au micro. Explosion de joie dans l'avion! :-) A l'atterrissage, la fête a déjà perdu en intensité. Le père et le fils, accueilli par la mère de famille à l'aéroport, n'ont qu'une seule envie : rattraper le sommeil en retard! Donc oui, ça a dû être l'ambiance dans les rues de Málaga, mais NON je n'y ai malheureusement pas assisté, étant rentré avec la famille Tenllado directement chez eux.
Et après un week-end aussi riche en expériences et rebondissements, un dodo finalement bien mérité! :-)



